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« Ne vous joignez pas aux prophètes de malheur » : Le nonce apostolique au Mozambique aux personnes consacrées

Le représentant du Saint-Père au Mozambique a mis en garde les membres des Instituts de Vie Consacrée et des Sociétés de Vie Apostolique (IVCSVA) contre les personnes qui propagent une vision négative de la Vie Religieuse et des Vœux, les qualifiant de « prophètes de malheur ».

S’exprimant à la cathédrale Notre-Dame du Rosaire de l’archidiocèse catholique de Beira, le 2 février, en la fête de la Présentation du Seigneur au temple et Journée mondiale de la Vie Consacrée, Mgr Luís Miguel Muñoz Cárdaba a souligné l'importance de l'espérance comme vertu essentielle pour ceux qui se consacrent au service de Dieu.

« Ne vous associez pas aux prophètes de malheur qui proclament la fin ou l’absurdité de la Vie Consacrée dans l’Église d’aujourd’hui. Cela n’est pas vrai », a déclaré Mgr Muñoz avant d’ajouter : « Les vœux de pauvreté, d’obéissance et de chasteté pour le Royaume de Dieu restent un message puissant d’espérance pour le monde. »

Le diplomate du Vatican, d’origine espagnole, nommé Nonce apostolique au Mozambique le 23 janvier 2023, a décrit la Vie Consacrée comme un pèlerinage de l’esprit soutenu par l’espérance.

« L’espérance doit être l’aspiration constante de vos cœurs consacrés, le critère fondamental qui guide votre cheminement. Notre espérance n’est ni un optimisme naïf ni un spiritualisme vide. C’est une vertu réelle et authentique, car elle jaillit de la foi et de l’amour du Christ. Le Christ Lui-même est notre espérance, et grâce à Lui, nous pouvons vivre avec confiance et persévérer malgré les nombreux défis de la Vie Consacrée », a-t-il affirmé.

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Mgr Muñoz s’est dit confiant quant à l’avenir des vocations sacerdotales et religieuses au Mozambique : « Grâce à la vertu d’espérance, nous croyons qu’il y aura de nombreuses vocations et beaucoup de joie. Mais nous avons aussi la conviction que cette croissance sera accompagnée d’une meilleure formation et d’un discernement vocationnel approfondi. »

Concernant les défis liés au leadership dans les communautés religieuses multiculturelles, Mgr Muñoz s’est montré optimiste : « Nous espérons que les mentalités dépassées et contraires à l’Évangile, telles que la domination, le contrôle, la rivalité, le machisme et la servilité, seront abandonnées. »

« Nous avons confiance qu’à l’avenir, l’abus de pouvoir, la manipulation psychologique, le faux mysticisme et même les abus sexuels disparaîtront complètement et à jamais de la Vie Consacrée, aussi bien au Mozambique que dans le monde entier », a poursuivi le représentant du Saint-Père.

Il a encouragé les consacrés à puiser leur inspiration auprès de la Bienheureuse Vierge Marie, la qualifiant de « Notre-Dame de l’Espérance ».

« Nous lui confions tous les consacrés du Mozambique, en demandant son intercession en cette Année jubilaire de l’Espérance », a-t-il déclaré.

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Mgr Muñoz a ensuite salué le dévouement des religieuses et religieux au service des pauvres, tout en les mettant en garde contre toute confusion entre leur mission prophétique et l’activisme politique.

« Vous vous donnez généreusement, au nom du Christ, au service des pauvres et des marginalisés. Mais s’il vous plaît, ne confondez pas la véritable mission prophétique de la Vie Consacrée avec un engagement politique. Ce n’est pas votre vocation », a-t-il averti.

Il a également insisté sur la complémentarité des rôles des religieux et des laïcs : « Les laïcs doivent œuvrer pour transformer les structures sociales et politiques à la lumière de l’Évangile. La mission des consacrés, cependant, est encore plus profonde : montrer au monde que le changement structurel seul ne suffit pas si le cœur humain demeure inchangé. »

João Vissesse