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Tanzanie : Jubilé du bicentenaire des missionnaires, un évêque alerte sur les écoles « immorales »

Mgr Flavian Matindi Kassala du diocèse catholique de Geita en Tanzanie a mis en garde contre les établissements d’apprentissage qui favorisent l’immoralité, notamment en exposant les élèves aux tendances homosexuelles et en les gâtant.

Présidant le lancement du bicentenaire du fondateur de la Société des Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs/M.Afr), le cardinal Charles Lavigerie, Mgr Flavian a salué les missionnaires pionniers dans son diocèse pour avoir mené une évangélisation intégrale à travers l’éducation, les infrastructures de santé et les interventions humanitaires.

« Nous voyons aujourd’hui qu’il y a des écoles qui ont ruiné des enfants ; vous avez entendu dire que certaines d’entre elles ont même été fermées », a-t-il déclaré dans son homélie, expliquant : « Ces écoles enseignent aux enfants des choses immorales ; elles détruisent leur humanité en promouvant l’homosexualité et le lesbianisme. »

« Certaines écoles gâtent les enfants simplement parce que leurs parents sont riches », a déploré Mgr Flavian, ajoutant : « C’est une pure destruction. »

Le prélat tanzanien a regretté qu’« un enfant de deuxième année, qui devrait boire sa bouillie tout seul, ait une nourrice qui le nourrisse ; ou qu’un élève de sixième année, qui devrait apprendre les tâches de base, ait quelqu’un pour laver ses vêtements. »

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« Quels fruits pouvons-nous attendre de cela ? » a-t-il interrogé lors de la célébration eucharistique du 2 mars en la paroisse catholique Saint-Michel Archange de Kasamwa, dans le diocèse de Geita.

Il a ensuite loué l’Église catholique en général et les missionnaires pionniers en particulier pour leur engagement en faveur de l’évangélisation intégrale. Mgr Flavian a expliqué : « La mission de l’Église est d’apporter la lumière non seulement dans notre foi, mais aussi dans tous les aspects de notre vie. C’est pourquoi, dès le début, ces pères ont associé la prédication de l’Évangile à l’éducation. »

Pour libérer une personne, il faut s’occuper à la fois de son corps et de son âme, a souligné l’Ordinaire du lieu du diocèse de Geita, en poste depuis sa consécration épiscopale en juin 2016. « C’est pourquoi, partout où il y avait une église, il y avait aussi une école. Et l’école devait être la première étape pour ouvrir les yeux des gens avant que l’Évangile ne prenne racine », a-t-il ajouté.

Mgr Flavian a remercié les Missionnaires d’Afrique pour ce qu’il a qualifié de mission d’évangélisation réussie dans son diocèse.

« Les Missionnaires d’Afrique, ainsi nommés parce qu’ils étaient spécialement préparés pour la mission africaine, sont arrivés à une époque où l’Afrique était prise dans la traite des esclaves. Leur mission n’était pas seulement d’annoncer le Christ, mais aussi d’aider à mettre fin à la traite des esclaves », a-t-il déclaré le 2 mars lors du lancement du bicentenaire du fondateur des Missionnaires d’Afrique.

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Né le 31 octobre 1825 à Bayonne, en France, le cardinal Lavigerie, qui a été archevêque d’Alger et de Carthage en Afrique du Nord, a fondé les Pères Blancs en 1868 et les Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique (Sœurs Blanches) en 1869.

Dans son homélie du 2 mars, Mgr Flavian a souligné que le lancement du jubilé du bicentenaire du cardinal Lavigerie ne se limite pas à rendre grâce pour sa vie et sa contribution à l’évangélisation dans la région d’Afrique de l’Est, mais aussi à prier pour que le bon travail qu’il a commencé continue de porter du fruit.

« L’œuvre missionnaire se poursuit encore aujourd’hui », a déclaré l’évêque catholique de 57 ans, ajoutant : « Une école doit élever des enfants pour qu’ils portent de bons fruits. »

Mgr Flavian a ensuite médité sur l’Évangile du huitième dimanche, insistant sur la nécessité pour les catholiques d’être attentifs à leur cœur et de surmonter les obstacles qui entravent leur croissance spirituelle afin de porter du fruit.

« En tant que catholique, vous mesurez-vous aux standards catholiques ? Le tamis que nous utilisons aujourd’hui n’est pas celui qui renforce notre foi », a-t-il affirmé, soulignant la valeur du sacrifice et du dévouement : « C’est exactement ainsi que nous, croyants, échouons à traduire notre foi en identité catholique : nous choisissons la facilité. »

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