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Les évêques catholiques dénoncent la hausse des enlèvements et meurtres de prêtres en Afrique de l'Ouest

Les membres de la Conférence Épiscopale Régionale de l’Afrique de l’Ouest (CERAO) ont condamné l’enlèvement et l’assassinat incessants de prêtres et de religieux catholiques dans la région, qualifiant cette tendance d’« anomalie ».

Dans une déclaration transmise à ACI Afrique le mardi 11 mars, les membres de la CERAO dénoncent la violence croissante contre le clergé catholique en Afrique de l’Ouest comme un « mal qui gagne progressivement du terrain » et soulignent que cette situation est inacceptable.

« Nous, évêques d’Afrique de l’Ouest, condamnons avec la plus grande fermeté cette anomalie », déclarent-ils.

Les membres de la CERAO affirment que l’enlèvement ou l’assassinat de prêtres et de religieux, consacrés au service de Dieu et de l’humanité, nuit gravement à la société qui dépend de leur engagement et de leurs sacrifices.

« Cela est inacceptable ! » insistent-ils dans leur déclaration, publiée après leur réunion du Conseil présidentiel tenue à Abidjan, en Côte d’Ivoire, les 12 et 13 février.

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Ils notent qu’au cours des cinq dernières années, de nombreux prêtres et religieux ont été enlevés contre rançon ou tués.

La violence, disent-ils, est particulièrement répandue dans des pays comme le Burkina Faso, le Mali et surtout le Nigeria.

Au Nigeria, ils soulignent que pas un mois ne passe sans qu’un prêtre ou un religieux ne soit enlevé, suscitant des appels à la prière de la part des évêques et des supérieurs religieux.

L’insécurité est généralisée dans ce pays, où enlèvements, meurtres et autres persécutions contre les chrétiens restent fréquents, notamment dans le nord.

Selon l’œuvre pontificale et caritative Aide à l’Église en Détresse (AED), 13 prêtres catholiques ont été enlevés au Nigeria en 2024 seulement.

Plus en Afrique

Le dernier incident en date concerne le père Sylvester Okechukwu du diocèse catholique de Kafanchan, assassiné le Mercredi des Cendres, un jour après son enlèvement, le 4 mars.

Le rapport 2023 sur la liberté religieuse publié par l’AED dresse un tableau sombre des persécutions chrétiennes en Afrique.

Dans leur déclaration du 21 février, les membres de la CERAO dénoncent la persécution des prêtres et religieux catholiques, dont la vie est entièrement consacrée au service.

« Les prêtres et les religieux sont dédiés au service de Dieu et de l’humanité », déclarent-ils, ajoutant : « Comme toute personne humaine, leur vie est sacrée. Leurs ressources, bien que modestes, sont consacrées à l’aide aux pauvres et aux marginalisés, à l’éducation des enfants et à la propagation de la Bonne Nouvelle du Christ. »

Les évêques soulignent que les prêtres et les religieux œuvrent pour un monde plus humain et plus proche de Dieu.

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Ils appellent les chrétiens et toutes les personnes de bonne volonté à prier intensément « pour une Afrique de l’Ouest pacifiée et sécurisée ».

Les membres de la CERAO interpellent également les responsables de la protection des vies et des biens, notamment les chefs d’État et les dirigeants des forces de sécurité, les exhortant à « relever ce défi ».

« Sans un engagement conscient, concret et efficace de leur part pour sécuriser la région, la situation ne fera qu’empirer », préviennent-ils.

Enfin, les évêques catholiques encouragent les prêtres et religieux qui servent dans ces zones hostiles à rester fermes dans leur vocation.

Ils exhortent en particulier les prêtres à poursuivre leur mission auprès des pauvres et des marginalisés et à porter la lumière du Christ dans les « zones d’ombre de notre région ouest-africaine », sans céder à la peur.

Agnes Aineah