Advertisement

Caritas Zambie demande la création de tribunaux spécialisés pour traiter les cas de pédophilie

Caritas Zambie a exhorté le gouvernement zambien à mettre en place des tribunaux spéciaux accélérés pour juger rapidement les affaires de viol sur mineurs, qui seraient en augmentation dans cette nation d’Afrique australe.

Dans une déclaration publiée le mercredi 26 mars, le directeur exécutif de Caritas Zambie, le père Gabriel Mapulanga, souligne la nécessité d’une action urgente pour rendre justice aux jeunes victimes d’abus et prévenir de futurs cas de violences sexuelles sur enfants.

« Nous appelons urgemment le gouvernement à établir immédiatement des tribunaux spéciaux dédiés à traiter avec célérité les affaires d’abus sexuels sur mineurs. Ces tribunaux doivent fonctionner sans délai, afin de rendre justice et de constituer un puissant moyen de dissuasion contre de futurs abus », déclare le père Mapulanga.

Il insiste : « Le temps de la réflexion est révolu. Il faut agir maintenant ! Nous devons tous œuvrer à créer un environnement garantissant à chaque enfant le droit de grandir et de s’épanouir en toute sécurité, protégé par la pleine force de nos lois et notre devoir moral. »

Dans la déclaration, le père Mapulanga appelle les tribunaux à imposer des peines sévères, telles que la réclusion à perpétuité avec travaux forcés pour les coupables, précisant que les condamnations ne devraient pas inclure d’options de libération sous caution ou sous cautionnement.

Advertisement

« Les parents et tuteurs qui dissimulent de telles atrocités doivent également faire face à de lourdes conséquences », ajoute le responsable de l’organisme de développement et d’aide humanitaire de la Conférence des évêques catholiques de Zambie (ZCCB).

Dans une déclaration du jeudi 27 mars, le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) en Zambie s’est dit « profondément alarmé et attristé » par la recrudescence des cas de violences sexuelles, de viols et d’abus sur enfants dans le pays.

L’UNICEF Zambie cite des estimations mondiales indiquant qu’« une fille sur quatre et un garçon sur six subissent des violences sexuelles avant l’âge de 18 ans » et affirme que dans le pays, « les signalements médiatiques d’enfants victimes d’abus se sont multipliés. »

« Derrière ces chiffres se cachent des enfants dont l’innocence a été volée, dont la confiance a été brisée et dont l’avenir est en péril », déclare l’UNICEF Zambie, ajoutant que « les survivants subissent souvent des préjudices physiques, émotionnels et psychologiques à vie, aggravés par la stigmatisation, la honte et les lacunes du système judiciaire. »

Pour lutter contre ces crimes, Caritas Zambie appelle la société civile et le gouvernement zambien à renforcer les campagnes de sensibilisation sur les abus sexuels.

Plus en Afrique

L’organisation catholique exhorte également les autorités à intensifier la lutte contre les violences sexuelles sur mineurs en utilisant divers canaux de communication, notamment les réseaux sociaux, les réunions publiques dans les écoles, les centres de santé et les hôpitaux, afin d’informer davantage sur les conséquences des abus sexuels sur enfants.

Dans sa déclaration du 26 mars, Caritas Zambie insiste également sur la nécessité pour le gouvernement de renforcer le bien-être mental des victimes, garçons et filles, en leur offrant un accompagnement et un soutien psychologique pour leur rétablissement.

« Nous exhortons le gouvernement à créer davantage d’espaces sûrs pour les survivants d’abus/exploitations sexuelles sur enfants et à leur fournir un accompagnement psychologique, des systèmes de soutien et une aide à la reconstruction de leur vie », déclare le père Mapulanga.

Il ajoute que les cas de viols sur mineurs en Zambie ont considérablement augmenté et qu’une action immédiate est nécessaire pour éviter de nouvelles agressions sexuelles.

Évoquant les conséquences de ces abus, le prêtre catholique met en garde : « Chaque retard dans la prise de mesures contre ces crimes met en péril la vie des enfants et compromet durablement leur bien-être physique et psychologique. »

Advertisement

« Il est inacceptable et profondément affligeant de voir des âmes innocentes détruites par ceux-là mêmes qui devraient assurer leur protection et leur sécurité », déplore-t-il.

Se référant à certains cas signalés, le père Mapulanga interpelle le gouvernement zambien ainsi que toutes les parties prenantes afin qu’ils agissent pour rendre justice aux victimes.

« Les abus sexuels sur enfants continuent d’augmenter, comme en témoignent le viol et le meurtre d’une écolière à Kamwala South, le cas bouleversant d’un jeune patient atteint de cancer violé par son propre père, et l’agression récente d’un garçon », regrette-t-il.

Le directeur exécutif de Caritas Zambie alerte sur les graves dangers que ces crimes font peser sur la santé des enfants zambiens, notamment à travers l’augmentation des cas de viols et d’incestes.

« Les abus sexuels sur enfants ont des effets physiques et psychologiques dévastateurs et parfois irréversibles sur les victimes », souligne-t-il, ajoutant : « Cela pourrait continuer à affecter davantage d’enfants si des mesures strictes ne sont pas prises immédiatement pour mettre fin à ce fléau. C’est pourquoi il faut AGIR MAINTENANT ! »

Il insiste sur la protection des enfants, l’amour et la dignité, qu’il décrit comme des dons sacrés de Dieu.

Se référant à l’enseignement de l’Église, le père Mapulanga rappelle l’importance de défendre les plus vulnérables, en particulier les enfants, et déclare : « L’Église nous enseigne à protéger les plus fragiles, à défendre la justice et à préserver la dignité humaine. »

« Ces principes résonnent fortement dans notre appel à une action urgente contre les abus sur enfants. Nous nous opposons fermement à toute forme de violence, d’exploitation ou d’abus sur mineurs, reconnaissant que ces actes constituent de graves violations des droits humains et de la dignité des enfants », ajoute-t-il.

Dans sa déclaration du 26 mars, le directeur exécutif de Caritas Zambie invite les fidèles du pays à assumer leur responsabilité dans la protection des enfants contre les abus, rappelant à la nation qu’elle doit être « le berger des innocents », veillant sur eux avec compassion et vigilance.

« Ne négligeons pas notre obligation morale de protéger les enfants bien-aimés de Dieu », conclut-il.

Sabrine Amboka