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La réconciliation, « essentielle pour un Angola prospère et uni » : Responsable de la Conférence épiscopale

Le peuple de Dieu en Angola doit « investir » ses énergies dans la promotion de la réconciliation, a déclaré le Secrétaire exécutif de la Commission catholique pour la justice et la paix (CCJP) de la Conférence épiscopale d’Angola et de São Tomé (CEAST).

Dans son homélie à la chapelle du Grand Séminaire du Sacré-Cœur de Jésus à Luanda, le Père Celestino Epalanga s'est exprimé sur les défis auxquels les Angolais sont confrontés alors que la nation d'Afrique australe approche de la Journée nationale de la paix, le 4 avril, anniversaire de la signature du Mémorandum de Luena, qui a marqué une étape vers une paix durable en Angola.

« La réconciliation est une tâche infinie ; elle prend du temps, et nous devons investir beaucoup d'énergie dans cette noble et difficile mission, car elle est essentielle pour bâtir une nation prospère, unie et indivisible », a déclaré le Père Epalanga le 30 mars.

Il a ajouté : « La réconciliation est au cœur de l’évangélisation, et la paix est une mission pour tous, un appel pour l’Église. »

« Le 4 avril, nous célébrerons 23 ans depuis le silence des armes et le début d’un processus de réconciliation nationale, qui avait été interrompu et repris en 2019 avec la création de la Commission pour la réconciliation en mémoire des victimes des conflits politiques (CIVICOP), par le Président João Manuel Gonçalves Lourenço », a-t-il poursuivi.

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L’Angola, a-t-il souligné, « est encore profondément marqué par une culture de violence, d’intolérance et d’exclusion politique. Nous devons œuvrer pour la paix et l’unité afin de bâtir une nation prospère et unie. »

Pour ce membre angolais de la Compagnie de Jésus (SJ/Jésuites), « malgré le silence des armes dans la plupart des régions, nous entendons encore des rapports de conflits armés, notamment dans la forêt du Maiombe. Les femmes continuent de souffrir, comme en témoignent les récents meurtres à Kwanza Norte, où des innocents sont abattus par la police. »

Face à ces défis, l’Église s’engage à promouvoir la paix et la réconciliation, a-t-il affirmé.

« En ces 23 ans de paix, nous avons eu des opportunités de croissance économique, mais trop souvent, l’égoïsme et la vanité ont conduit à un gaspillage des ressources qui auraient pu élever notre nation vers de nouveaux sommets de développement », a-t-il déploré.

Par ailleurs, l’Évêque du diocèse catholique de Cabinda a exhorté le peuple de Dieu à vivre honnêtement du fruit de son travail et a mis en garde contre l’attitude de « recevoir » des dons sans effort.

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« L’un des maux liés au fait de recevoir sans travail, sans effort, et sans savoir en profiter, se manifeste fréquemment dans notre quotidien », a noté Mgr Belmiro Cuica Chissengueti dans son homélie au Sanctuaire de Notre-Dame des Grâces à Chibodo, le 30 mars.

À titre d’exemple, il a expliqué : « Vous ne connaissez pas le prix d’une voiture, donc vous ne savez pas comment en prendre soin, car vous n’en avez pas ressenti le coût dans votre poche. Vous ne connaissez pas le prix d’une maison, donc vous ne la traitez pas bien, parce qu’elle ne vient pas de votre poche, etc. »

Pour ce membre angolais de la Congrégation du Saint-Esprit (CSSp/Pères Spiritains), « la richesse qui n’est pas acquise par le travail disparaît très rapidement, car il est facile de dépenser. »

Son confrère du diocèse catholique de Caxito a, quant à lui, appelé à la réconciliation et au pardon, en particulier pendant le Carême.

Dans son homélie du 30 mars à la cathédrale Sainte-Anne de son siège épiscopal, Mgr Maurício Agostinho Camuto a souligné : « En ce temps de Carême, en ce temps de jugement, nous devons nous convertir afin que le 11 novembre, nous puissions célébrer notre fête de l’indépendance comme une véritable fête, avec des cœurs ouverts. Pas avec des cœurs remplis d’amertume, d’or, de rancune contre nos frères, non. Mais avec des cœurs remplis de joie et de paix. Il y a donc un chemin à parcourir, un chemin que nous devons tous emprunter. »

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Mgr Camuto a insisté sur le lien entre paix et réconciliation, affirmant : « Il n’y a pas d’autre voie. Le chemin vers la paix passe par la réconciliation. Le chemin vers la paix passe par l’amour, l’amour des uns pour les autres. C’est ce que Dieu veut pour nous : que nous soyons en paix avec nos frères. C’est le chemin de la paix et du bonheur, il n’y en a pas d’autre. »

Il a conclu en priant : « Que Dieu fasse de nous des hommes et des femmes de réconciliation, des hommes et des femmes de paix. »

João Vissesse